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Rosier – Planter un rosier

Culture du rosier

La rose, cultivée depuis les temps les plus anciens, et célébrée par les poètes de toutes les nations, la rose, est encore aujourd’hui la fleur de prédilection de nos jardins. On conçoit à peine un parterre sans rosiers; mais il existe des parterres exclusivement plantés de ces arbustes, et qui reçoivent, pour cette raison, le nom spécial de roseraies. Certaines espèces de rosiers ont passé dans le domaine de l’industrie, et sont principalement cultivées pour fournir des essences à la parfumerie.

Le genre rosier (Rosa des botanistes) est le type le plus parfait de la famille des rosacées. Ses caractères sont: un calice de cinq folioles, simples ou composées, insérées au sommet d’un tube calicinal pyriforme ou sphérique, qui n’est que la dilatation du sommet du pédoncule; une corolle normalement de cinq pétales alternant avec les pièces du calice, mais très susceptible de devenir double, multiple ou pleine parla transformation des étamines en pétales; des étamines en nombre indéterminé (souvent plus de cent), insérées sur le pourtour intérieur du réceptacle, au-dessous des pétales; enfin des carpelles plus ou moins nombreuses (de 5 à 60 suivant les espèces), uniovulées, insérées au fond et sur les parois du tube calicinal, et dont les styles, libres ou adhérents entre eux, se terminent par autant de stigmates, un peu au-dessus de l’orifice du tube. Ces carpelles, lorsqu’elles sont fécondées, se convertissent en noyaux ou ossicules monospermes, très analogues à celles de la nèfle et de l’aubépine. Le fruit total du rosier, comprenant le tube du calice accru et charnu et les ossicules qui y sont renfermés, a une structure organique très analogue à celle des fruits infères des pomacées.

planter un rosier

Tous les rosiers sont des arbustes ligneux et vivaces, la plupart drageonnant du pied, à feuilles composées, sauf dans une seule espèce, que, pour ce fait, quelques botanistes ont retirée du genre. Un très grand nombre constituent des buissons dressés, de 1 à 3 mètres, quelquefois plus; d’autres sont sarmenteux, et grimpent à plusieurs mètres de hauteur sur les broussailles ou les arbres. Dans la plupart les feuilles sont caduques, mais quelques-uns les conservent fort avant dans l’hiver, et, par là, se rangent dans la classe des végétaux à feuilles persistantes.

Les fleurs des rosiers, si on les examine dans la longue série des espèces et de leurs variétés, offrent tous les tons de coloris, depuis le blanc pur jusqu’au pourpre noir, en passant par l’incarnat, le rose, le lilas, le pourpre clair; aucune espèce ne les a d’un rouge absolu, quoique quelques-unes en approchent; à plus forte raison n’y en a-t-il point où elles soient bleues, même au plus léger degré, et il n’est nullement vraisemblable que la culture en fasse jamais naitre de cette couleur. Par une sorte de compensation, plusieurs espèces de rosiers ont les fleurs jaunes, même d’un jaune très vif, et, soit par simple variation, soit par croisement avec des espèces autrement colorées, cette teinte passe quelquefois à la couleur mordorée ou saumonée, alliage du jaune et du pourpre dans des proportions très diverses. Un autre mode de variation du coloris, mais qui est assez rare dans le genre, est la panachure des fleurs. On connait quelques roses bicolores, qui sont très nettement panachées de lilas ou de carmin et de blanc; les roses jaunes n’ont encore offert rien de semblable.

Une propriété très importante des roses dans la plupart des espèces, si ce n’est même dans toutes, est de doubler, par transformation de leurs étamines en pétales.

A l’état sauvage elles sont généralement simples, rarement présentent elles un double rang de pétales; mais lorsqu’elles sont assujetties à la culture, et qu’un sol naturellement fertile ou amélioré par des engrais leur fournit une alimentation plus substantielle que leur tempérament ne le comporte, rien n’est plus fréquent que de voir se produire ce genre de monstruosité. Dans la plupart des cas la transformation des étamines est partielle; quelquefois aussi elle est totale, et alors les fleurs deviennent stériles, à moins qu’elles ne soient fécondées par un pollen étranger, car la disparition de leurs étamines n’entraine pas nécessairement celle de leurs ovaires. Suivant le degré de cette transformation, on dit des roses qu’elles sont semi-doubles, doubles, pleines ou très pleines.Dans les idées régnantes, on considère en général les roses doubles ou pleines comme supérieures en beauté aux roses semi-doubles, et surtout aux roses simples.

Culture du rosier de nos jours :




Multiplication et culture des rosiers.

Nous comprenons sous ce titre tout ce qui a trait à la multiplication des rosiers, par semis, marcottages, couchages, boutures et greffes, à leur plantation et à leur entretien. Malgré le grand nombre des espèces et des variétés, cette culture n’offre pas de difficultés sérieuses sous nos climats.

Multiplication du rosier de nos jours :

Multiplication des rosiers par semis.

Cette méthode, pratiquée aujourd’hui sur une très grande échelle, a principalement pour but de faire naitre de nouvelles variétés.

La première condition pour faire un semis de rosiers est de se procurer de bonnes graines, et comme il importe de ne pas semer au hasard, on aura soin de ne récolter les graines que sur les races et les espèces dont on aura fait choix; un bon étiquetage sera une précaution indispensable pour n’être pas exposé à les confondre les unes avec les autres.

Sous nos climats septentrionaux les graines des rosiers mûrissent généralement en octobre et en novembre, et c’est dans ce dernier mois qu’on a le plus de chance de les trouver au point convenable de maturité; il n’y aurait d’ailleurs aucun inconvénient à les récolter un peu plus tard. Dans tous les cas, la maturité est parfaite lorsque la pulpe du fruit s’est amollie ou qu’elle s’est desséchée sur les graines.

Si l’on ne tient pas à semer dans l’année même, les graines de rosiers peuvent se conserver facilement jusqu’à l’année suivante dans les fruits, qu’il suffit de remiser en lieu sec, pendant l’hiver. Plus souvent on les extrait des fruits au moment de la récolte, soit pour les stratifier; soit pour les semer immédiatement.

On stratifie les graines de rosiers dans des pots, des terrines ou des baquets, que l’on enferme dans une cave ou une serre froide, ou qu’on enfouit simplement au pied d’un mur, en prenant, dans les deux cas, les précautions nécessaires pour les mettre à l’abri des souris. Dès le mois de mars, et quelquefois plus tôt, ces graines commencent à germer; on doit alors se hâter de les semer, afin de n’être pas exposé, en le faisant à une époque plus avancée, à briser les radicules.

Suivant l’espace dont on dispose , relativement à la quantité de graines, le semis se fait plus clair ou plus serré. La meilleure méthode serait d’espacer les graines à 25 ou 30 centimètres l’une de l’autre, en tous sens.

Ce qui est bien préférable à la stratification c’est le semis d’automne, fait immédiatement après l’extraction des graines. S’il s’agit d’espèces indigènes, ou du moins rustiques, comme les rosiers Cent-feuilles et leurs variétés, le rosier de Damas, le rosier blanc, etc., il y aura avantage à semer en pleine terre, sur une planche préparée exprès, et autant que possible à une exposition orientale, telle en un mot que les jeunes plants soient abrités contre le soleil de midi. En semant clair, c’est-à-dire en laissant des intervalles de 10 à 20 centimètres entre les graines, en tous sens, il suffira, après la levée du semis, d’un léger éclaircissage pour que les plants conservés puissent rester en place jusqu’à leur première floraison. Ceux qui auraient été enlevés, si toutefois ils l’ont été avec quelque soin, sont repiqués sur une autre planche, à 30 ou 40 centimètres en tous sens, ce qui doit être aussi la distance des premiers.

Les graines de rosiers semées en automne germent communément au printemps suivant, mais quelquefois avec une grande inégalité, c’est-à-dire à des semaines d’intervalle les unes des autres; quelques-unes même attendent jusqu’à l’année suivante pour sortir de terre. Ce n’est là toutefois qu’une exception dont on ne tient pas compte dans la pratique. Si l’hiver était rude et prolongé, il serait prudent de couvrir la planche de paillassons pendant les journées les plus mauvaises.

Lorsqu’il s’agit d’espèces exotiques plus sensibles au froid, comme les rosiers du Bengale et de Bourbon, le rosier Thé, le rosier Noisette, etc., les semis se font en terrines qu’on hiverne en orangerie ou sous un coffre vitré; mais cette précaution n’est pas nécessaire dans le climat du midi, où ces espèces peuvent être traitées comme les rosiers rustiques dans le nord. Leur germination s’effectue, comme celle des premières, dans les mois de mars et d’avril. Ces rosiers sont plus précoces que les espèces indigènes, et ils fleurissent assez souvent la première année, surtout s’ils n’ont pas subi de transplantation. Les rosiers indigènes ne commencent à fleurir que la seconde année, et encore n’est-ce que le plus petit nombre; la grande généralité attend à la troisième et mieux encore à la quatrième année.

Les semis de rosiers sont toujours une opération aléatoire, en ce sens qu’on ne peut guère présumer d’avance le mérite de plantes qu’on en obtiendra, ce dont on ne juge bien qu’à la seconde année de floraison. Si les graines ont été récoltées sur des rosiers à fleurs simples, on pourra s’attendre à en trouver dans le semis un grand nombre qui seront pareillement à fleurs simples. Les chances seraient meilleures si on avait récolté sur un rosier à fleurs semi-doubles ou doubles, fécondé par lui-même ou du moins par quelque autre bonne variété. Quelque succès qu’on obtienne d’un semis, il y aura toujours une partie des produits a réformer, à cause de leur infériorité, mais ils pourront cependant encore être utiles, en servant de sujets pour y greffer des variétés plus méritantes.

Pour l’amateur curieux d’hybridations, les rosiers sont un des plus attrayants sujets d’expériences qu’il puisse rencontrer, et, s’il sait assortir les races ou les espèces qu’il destine à entrer dans les croisements, il pourra en obtenir des variétés aussi remarquables par leur mode de végétation, leur coloris ou la belle forme de leurs fleurs que par leur nouveauté. Rappelons ici ce que nous avons dit plus haut : que les fleurs très pleines sont privées d’étamines, mais que quelques-unes de ces roses pleines ayant encore des ovaires, peuvent être fécondées artificiellement. Toutes les fois donc qu’on voudra hybrider, en vue d’obtenir des variétés ornementales, on devra préférer ces variétés pleines ou doubles, qui ne sont qu’à demi stériles, à celles dont les fleurs seraient tout à fait simples, et en prenant le pollen sur des fleurs semi-doubles ou même tout à fait doubles, quoique ayant conservé quelques étamines, on accroitra très-notablement la chance de trouver des variétés méritantes par le semis des graines. Une précaution qui serait indispensable ici consisterait à envelopper d’un réseau de gaze, dès avant leur épanouissement, les fleurs qu’on destinerait à recevoir la fécondation artificielle, et cela pour empêcher toute immixtion des insectes dans cette opération. L’enveloppe ne devrait d’ailleurs être enlevée que lorsque les pétales flétris annonceraient que la fleur ne risque plus d’être influencée par de nouveau pollen. Faute de ce soin, les insectes qui butinent en grand nombre sur les fleurs des rosiers ne manqueraient pas, soit en faisant tomber le pollen qu’on aurait déposé sur les stigmates, soit en en apportant d’espèces ou de variétés autres que celles qu’on voulait employer exclusivement, d’introduire la plus grande confusion dans la fécondation des fleurs, et par là de faire naitre des semis tout autre que ce que l’on en attendait.

Si les rosiers choisis comme porte-graines, et destinés à servir de sujets pour l’hybridation, ont les fleurs simples ou semi-doubles, c’est-à-dire pourvues d’étamines et par conséquent de pollen, la première opération à faire sera de castrer les fleurs dans le bouton commençant à s’ouvrir, mais avant toute dissémination du pollen. Ces fleurs seront ensuite couvertes d’un morceau de gaze pour en écarter les insectes, puis, lorsqu’elles seront tout à fait épanouies, on répandra sur leurs stigmates, momentanément découverts, le pollen dont on aura fait choix pour les féconder, après quoi on les couvrira de nouveau. Sans cette castration préalable, le pollen de la fleur tombant sur les stigmates ne laisserait que peu de chances d’agir au pollen étranger que l’on y aurait déposé.

multiplication rosier

Si la multiplication des rosiers par graines a l’avantage de procurer de nouvelles variétés, celle qui se fait au moyen de fragments offre celui de perpétuer indéfiniment les variétés acquises et de donner en outre des résultats bien plus promptement que le semis.

La multiplication par éclats est un véritable œilletonnage. La plupart des rosiers drageonnant de leurs racines, les pousses qu’ils émettent deviennent, par leur séparation du pied mère, autant de sujets nouveaux. La seule précaution à prendre dans cette opération est de leur conserver assez de racines pour que la reprise en soit assurée, ce qui revient à dire qu’on doit les arracher avec quelque soin.

Le couchage n’offre pas non plus de difficultés. Il consiste à coucher en terre, dans une fosse de dix à douze centimètres de profondeur, les branches qui naissent de la partie inférieure de l’arbuste, et qu’on recourbe en arc pour en ramener l’extrémité au-dessus du sol. Ayant déjà décrit les procédés du couchage, nous ne nous y arrêterons pas ici, nous bornant à rappeler que, lorsqu’il s’agit des espèces à bois dur (les rosiers Cent-feuilles, les Provins, le rosier blanc, etc.), on facilite leur reprise par l’incision ou la ligature faites au-dessous d’un œil vers le milieu de la courbure du rameau, qu’on maintient, par un crochet, dans la position forcée qu’on lui a fait prendre. L’incision, si c’est elle qu’on emploie, doit pénétrer jusqu’à la moelle et s’étendre sur deux ou trois centimètres, un peu plus ou un peu moins, suivant la force du rameau, et on en tient les branches écartées à l’aide d’une cheville ou d’une petite pierre. C’est de la base de l’œil conservé près de l’extrémité du chicot que sortent ordinairement les premières racines.

Le couchage des rosiers se fait au printemps, en mars et avril sur des pousses de l’année précédente, ou en juillet sur des pousses de l’année même. On a soin de tenir la terre toujours fraiche par des arrosages faits à propos, et par un paillis de fumier décomposé de 3 à 4 centimètres d’épaisseur, et si autour du pied mère il se développe des drageons, on les enlève pour qu’ils ne détournent pas à leur profit la sève destinée à alimenter les branches couchées. Lorsque l’opération est bien conduite, l’enracinement commence peu de jours après, et le sevrage peut se faire dès la fin du mois d’octobre; néanmoins il est mieux de le remettre au printemps suivant, en ayant soin de couvrir les marcottes de feuilles sèches ou de litière pendant l’hiver. S’il s’agissait cependant d’espèces sujettes à geler, on les enlèverait en octobre ou novembre, pour les planter en pots et les mettre à l’abri, en orangerie ou sous un châssis.

Bouturage des rosiers

Le bouturage est presque aussi simple que le mode de multiplication que nous venons de décrire, mais quoique à la rigueur il puisse être appliqué à toutes les espèces de rosiers, dans la pratique on ne s’en sert que pour celles qui s’y prêtent sans résistance, et qui sont précisément celles qui drageonnent le moins, ou même ne drageonnent pas du tout, telles que le rosier multiflore, le rosier musqué, ceux du Bengale et de Bourbon, le rosier Thé, le rosier Noisette et celui de Banks, qu’on multiplie d’ailleurs très facilement de couchages. Les espèces les plus rebelles au bouturage sont le rosier Cent-feuilles, les Provins, le rosier blanc, les Porllands, les Pimprenelles, le rosier jaune, et toutes les variétés qui en sont sorties; mais, par compensation, ces espèces drageonnant beaucoup du pied offrent par là un moyen facile et sûr, sinon très expéditif, de multiplication.

Le bouturage des rosiers se fait soit à l’air libre, sans autre chaleur que celle du climat, soit à l’aide de la chaleur artificielle, sous des abris vitrés. Dans le premier cas on a le choix entre le commencement du printemps et l’été, c’est-à-dire les mois de juillet, d’août, et même la première quinzaine de septembre. Si l’on opère au printemps, on se sert de rameaux de l’année précédente, que l’on coupe à 20 ou 30 centimètres de longueur; en été, on y emploie des rameaux de l’année, mais qu’on prend suffisamment aoûtés, et auxquels on donne une longueur. telle qu’ils aient deux ou trois yeux. Ces rameaux se plantent verticalement, et, quelle que soit leur longueur, on ne leur laisse qu’un ou deux yeux au plus hors de terre. La terre la plus favorable à leur reprise est un sol léger, sablonneux même, par exemple la terre de bruyère si on peut s’en procurer, mais qu’il faut tenir constamment humide par des arrosages d’autant plus fréquents que la température sera plus élevée et la saison plus sèche. Un soin non moins essentiel, et dont l’oubli pourrait compromettre tout le succès de l’opération, sera d’abriter les boutures contre les rayons du soleil, surtout à partir de la fin du printemps, ce qu’on obtiendra soit au moyen d’écrans (toiles, feuillages, etc.), soit par une exposition convenablement choisie et orientée à l’est ou à l’ouest. En ceci, du reste, on devra tenir grand compte du climat, et on n’a pas de peine à comprendre que les abris et les arrosages seront beaucoup plus indispensables sous le climat ardent du midi que sous le ciel tempéré et pluvieux du nord.

Le bouturage à chaud, qu’on pourrait aussi nommer bouturage forcé, s’emploie plus particulièrement pour les espèces délicates ou de reprise difficile. Ici, les rameaux bouturés peuvent n’avoir qu’un seul œil, et on les plante en terre de bruyère dans des terrines et plusieurs ensemble, ou mieux un a un dans autant de très petits godets, qu’on recouvre de cloches, et qu’on dépose sur la tannée d’une serre ou sur une couche chaude. La chaleur, sans être élevée, ne doit pas descendre au-dessous de 14 à 15 degrés. Si l’opération est bien conduite, les boutures sont généralement reprises au bout de trois semaines, ce dont il est facile de s’assurer en en dépotant quelques-unes. A partir de ce moment on les habitue graduellement au contact de l’air, et on les met, à mesure qu’elles deviennent plus fortes, dans des pots de plus en plus grands.

Multiplication des rosiers par la greffe.

Greffe du rosier de nos jours :

Jadis,la greffe était rarement employée comme moyen de propagation des rosiers, mais de nos jours elle est devenue générale, et, dans la pratique, elle prime de beaucoup aujourd’hui sur les autres procédés de multiplication. Cette préférence s’explique par la rapidité et la facilité avec lesquelles elle permet de multiplier les individus, dans les variétés à la mode, et d’en hâter la floraison. Double avantage, d’abord pour le pépiniériste qui est pressé de s’enrichir, ensuite pour l’amateur qui n’est pas moins impatient de jouir. Toutefois, la greffe du rosier n’est pas sans inconvénients; sans parler de la forme souvent très disgracieuse qu’elle donne aux arbustes, on lui reproche généralement d’abréger leur vie, qui dure rarement plus de 12 à 15 ans, souvent même beaucoup moins. Il faut reconnaitre cependant que ces considérations n’ont pas aux yeux de tout le monde la même valeur.

Plusieurs de nos rosiers sauvages (rosier des chiens, rosier rouillé, etc.) et quelques espèces cultivées (rosier de Provins, etc.) peuvent être employés comme sujets pour recevoir la greffe; mais de toutes ces espèces, celle qui s’y prête le mieux est le rosier des chiens proprement dit (Rosa canina), vulgairement désigné dans la pratique horticole sous le nom d’églantier, bien qu’il soit très différent, ainsi que nous l’avons déjà dit, du véritable églantier de Linné et des botanistes. Malgré l’impropriété de cette appellation, c’est elle cependant que nous lui conserverons ici, pour n’être pas en désaccord avec l’usage. Les qualités qui lui ont fait donner la préférence sur les autres rosiers sont sa grande rusticité, qui lui permet de croitre partout et dans tous les sols, sa vigueur, la rectitude de ses rejets, et enfin la facilité avec laquelle on se le procure en tout pays.

Ordinairement on ne cultive pas l’églantier pour en tirer des sujets de greffe; on se contente de l’arracher dans les haies ou sur les lisières des bois; mais la grande consommation qu’on en fait depuis quelques années l’a rendu rare aux alentours des grandes villes, de Paris surtout, où on ne le reçoit plus guère que des départements circonvoisins. Les sujets d’églantiers fournis par le commerce sont souvent mal choisis, et surtout arrachés sans aucun soin; aussi, malgré sa vitalité, en perd-on toujours un certain nombre par cette cause. On éviterait ces accidents si on prenait la peine d’en élever quelques-uns dans un coin du jardin; c’est ce que devraient faire tous ceux qui ont de grandes roseraies à entretenir.

Malgré ses qualités, l’églantier a aussi des défauts qu’il convient de signaler. Très propre à alimenter les greffes des races fortes et vigoureuses de rosiers, il ne convient que médiocrement pour les espèces faibles, pour celles surtout qui restent naines, et qui, ne pouvant donner un emploi utile à la sève qu’il leur envoie, ne tardent pas à être affamées par ses propres pousses et par les nombreux drageons qu’il émet de ses racines afin de rétablir l’équilibre. On a sans doute la ressource d’enlever ces pousses parasites, mais la greffe ne consommant pas en proportion de ce que produisent les racines de l’églantier, ce dernier, sans cesse contrarié par ces suppressions contre nature, finit lui-même par succomber. De là la nécessité d’employer des sujets d’espèces moins vigoureuses pour toutes les races faibles ou peu développées. On y a employé tour à tour, et avec des succès divers, le rosier Céline, ancienne variété du rosier de Bourbon, le rosier toujours vert (Rosa sempervirens), divers hybrides du rosier de la Chine, et, aujourd’hui plus particulièrement, le rosier de Manetti, variété d’origine inconnue, obtenue de graines il y a près de 40 ans par un horticulteur de Monza, en Lombardie, dont ce rosier a pris le nom. On en fait usage surtout en Angleterre, où on a trouvé que, s’il est impropre à soutenir des rosiers à haute lige, il convient au contraire assez bien aux races naines. Nous devons ajouter qu’en France on ne lui a pas reconnu tous les avantages qu’on lui attribuait lors de son introduction, et qu’il tend même à disparaitre de chez la plupart de nos horticulteurs.

Ce sont les jets âgés de deux ou trois ans, et dont la grosseur approche de celle du doigt, qui servent de sujets de greffe. Autant que possible, il faut les choisir droits et formant la canne; s’ils sont tordus on les redresse au moyen d’un tuteur. On les enlève avec précaution pour ne pas endommager les racines, ayant soin, avant la replantation, de raccourcir celles qui seraient trop longues et de rafraichir par une section nette celles qui auraient été entamées. Cette transplantation des églantiers se fait au premier printemps, avant la pousse des feuilles, et avec beaucoup plus de succès en automne. Soit avant, soit après la plantation, les églantiers sont rabattus à la hauteur où l’on veut greffer, c’est-à-dire de 5 centimètres au-dessus du collet à lm,50 ou même plus, suivant la taille à laquelle les rosiers doivent arriver. La greffe faite très bas et enterrée a ordinairement pour but de procurer des arbustes qui s’affranchissent par le développement de racines sur la greffe elle-même; lorsqu’on se propose de former des rosiers à tige, on ne rabat guère les églantiers au-dessous de 0m,80, et cela tout aussi bien pour ne pas avoir des arbustes disgracieux par l’écourtement de leur tige, que pour mettre leurs fleurs à la portée de la main.

Deux sortes de greffes sont principalement employées pour les rosiers, à savoir la greffe en fente et la greffe en écusson. La première se fait à la fin de l’hiver ou dans les premiers jours du printemps; la seconde pendant toute la saison où les rosiers sont en sève, et, suivant qu’elle a lieu au printemps ou en automne, on lui donne les noms de greffe à œil poussant ou à œil dormant. L’écussonnage de printemps se fait en mai ou en juin, celui d’automne de la fin de juillet au 15 septembre, ou plus tard, suivant les lieux et les climats. Nous savons déjà que, dans la greffe à œil poussant, le bourgeon inséré sous l’écorce du sujet entre presque immédiatement en végétation; communément même, lorsqu’il s’agit de rosiers perpétuels, ce bourgeon donne des fleurs dans le courant de l’été. La greffe à œil dormant, au contraire, ne commence à végéter qu’au printemps de l’année suivante; mais, si elle est plus tardive que la première, elle est par compensation beaucoup plus sûre, parce que ses pousses mieux aoûtées risquent moins de périr de froid pendant l’hiver. Lorsqu’on a le choix entre les deux, c’est cette dernière qu’il faut préférer.

La greffe en fente se fait sur la tige même du sujet, amputée, comme nous l’avons dit plus haut, à la hauteur où doit se former la tête de l’arbuste. Si cette tige est un peu forte, on peut y insérer deux greffes opposées; si elle ne dépasse pas la grosseur du petit doigt, il est mieux de n’en mettre qu’une, et alors on tronque obliquement, ou en bec de flûte, la sommité du sujet. Quant à la greffe elle-même, qu’il faut choisir saine et droite autant que possible, on la coupe au- dessus du second ou du troisième œil, et on fait en sorte qu’un de ses yeux se trouve en dehors et immédiatement au dessus du biseau qui sera inséré dans la fente du sujet. La greffe mise en place est ligaturée et enduite d’un mastic approprié; si elle est faite au collet même de l’arbuste, ou à plus forte raison sur une grosse racine, on la couvre de terre à l’exception de l’œil terminal, condition à la fois favorable à la reprise et à l’émission des racines à l’aide desquelles elle s’affranchira, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

greffe rosier

Les écussons peuvent se poser directement sur la tige du sujet, pourvu que l’écorce s’en détache facilement, et alors, si le sujet est fort et vigoureux, ce qui est le cas ordinaire avec l’églantier, on peut poser deux écussons opposés l’un à l’autre, ou même un plus grand nombre. Les écussons mis en place et ligaturés, on peut rabattre immédiatement le sujet à 8 ou 10 centimètres au-dessus de la greffe, en y réservant un œil d’appel; il est mieux cependant d’attendre l’année suivante pour faire cette suppression, lorsque la greffe bien reprise a commencé à végéter. On supprime en même temps tous les yeux ou pousses commençantes qui se trouvent sur le sujet au-dessous de la greffe, et le bourgeon d’appel est lui-même pincé, lorsqu’il a développé cinq à six feuilles ou même plus tôt, afin de modérer la succion qu’il exerce sur la sève du sujet, sève dont la greffe doit être bientôt seule à profiter. Dans le cas de la greffe en fente on retranche pareillement les pousses du sujet, lorsque la greffe est décidément entrée en végétation.

Nous avons supposé les écussons placés sur là tige même de l’églantier; c’est en effet ce qui se pratique communément, mais très souvent aussi, et cela principalement quand les sujets sont très gros et que leur écorce, déjà un peu vieille ou trop épaisse, ne se soulève plus aussi facilement que sur des tiges plus jeunes; très souvent, disons-nous, on écussonne sur une pousse latérale du sujet, qu’on a ménagée tout exprès et conservée seule pour qu’elle prenne plus de force.

En dehors de cette particularité, la greffe se fait absolument comme sur la tige principale, et cela dans l’année même, en automne, ou, si l’on aime mieux, au printemps suivant. Rien n’empêche au surplus de conserver à l’églantier deux, trois ou quatre pousses, situées à peu près à la même hauteur, et qui reçoivent chacune un écusson. De cette manière la tête de l’arbuste est plus vite formée, et surtout elle peut être plus régulière qu’elle ne le serait si elle se formait sur une seule greffe.

D’autres greffes peuvent être appliquées aux rosiers, par exemple la greffe en navette, sur les espèces sarmenteuses ou grimpantes, comme le rosier toujours vert (Rosa sempervirens), le rosier de Banks, etc., la greffe en placage, et surtout la greffe herbacée; mais celle-ci, pour réussir, doit être faite sous cloche, à l’étouffée, et le plus souvent même aidée par la chaleur artificielle. Ce dernier procédé, fort en vogue aujourd’hui chez les pépiniéristes, à qui il fournit le moyen de multiplier les rosiers avec une extrême rapidité, est ce qu’on appelle proprement la greffe forcée du rosier.

Dans cette méthode on choisit pour sujets de jeunes pieds de Damas de Puteaux (rosier bifère), ou des quatre-saisons, qu’on met dans des pots de 10 à 12 centimètres de diamètre, à la fin de l’automne, et qu’on abrite dans une serre ou sous un châssis vitré. La température étant maintenue d’une manière constante entre 15 à 18 degrés, ces arbustes commencent immédiatement à végéter. Lorsqu’ils sont bien en séve, on les tronque à quelques centimètres de la racine et on les greffe en fente avec un rameau de la variété que Ton veut multiplier. Si la greffe réussit, ses pousses, au bout de deux mois, seront assez développées pour fournir chacune deux ou trois petits rameaux pourvus d’un pareil nombre d’yeux, ou plus, qui pourront à leur tour être greffés en fente, mais dont plus communément on lève les yeux pour en faire autant d’écussons qu’on place sur de nouveaux sujets de la même espèce de rosier préparés d’avance. Deux mois plus tard, ces écussons fourniront eux-mêmes de nouveaux yeux qui seront greffés de même. On conçoit que cette manœuvre se répétant six fois dans l’année, il en résulte qu’un habile pépiniériste peut, dans ce laps de temps, obtenir plusieurs centaines d’échantillons d’une seule greffe primitive.

Toutefois ce ne se fait pas impunément. On ne tarda pas à reconnaître que la grande majorité des rosiers obtenus par cette méthode si peu naturelle n’avaient que très peu de vitalité, et que, malgré tous les soins, les acheteurs les perdaient presque tous en moins d’une année, souvent sans les avoir vus fleurir; aussi la greffe forcée fut-elle bientôt décriée, peut-être plus qu’elle ne le méritait. D’habiles praticiens, qui n’étaient pas aveuglés par l’intérêt, ont pris sa défense, et ont démontré qu’en se bornant à une ou au plus à deux opérations successives sur la première greffe, on obtenait des plantes, sinon très vivaces, du moins douées d’assez de vitalité pour durer quelques années. Hors certains cas rares qui se présentent quelquefois, le véritable amateur de rosiers ne recourra cependant pas à ce moyen, auquel la greffe ordinaire, le couchage et le marcottage sont de toutes manières bien préférables.

Culture des rosiers.

Les rosiers, à quelque espèce ou variété qu’ils appartiennent, ne réussissent jamais mieux qu’en pleine terre, parce que leurs racines, qui aiment à s’étendre, sont mal à l’aise dans des pois; cependant il est souvent utile d’en avoir quelques-uns en pots, ne fut-ce que pour orner les fenêtres et les balcons. Dans ce cas, on y emploie de préférence les rosiers nains et francs de pied, surtout d’espèces peu ou point drageonnantes, telles que le multiflore, le rosier de miss Lawrence, les rosiers Thé et Noisette, et surtout ceux du Bengale et de Bourbon.

En général, les rosiers s’accommodent de toutes les terres de jardin, pourvu qu’elles soient un peu fraiches, meubles et naturellement drainées par la perméabilité du sous-sol. Cependant quelques espèces exotiques, peu cultivées en France, ne viennent que dans les sols marécageux, et nous avons déjà dit que la rose jaune (Rosa sutfurea), d’après le célèbre Banks, ne fleurit guère d’une manière satisfaisante si ce n’est dans les terrains de cette nature. A l’exception de ces espèces, tous les rosiers acquièrent de la force et fleurissent plus abondamment dans les terres fumées. L’amendement du sol, par le fumier d’étable ou d’écurie, est même une opération indispensable dans les roseraies qui durent plusieurs années, et cela naturellement en proportion du nombre d’arbustes répartis sur une surface donnée. L’engrais peut d’ailleurs être distribué sous forme liquide, pourvu qu’il soit très dilué. Quant aux arrosages, on conçoit que la dose varie nécessairement avec les climats; presque nuls, dans les années ordinaires, sous le ciel de Paris, ils deviennent à peu près indispensables sous celui du midi de l’Europe.

Une condition essentielle au succès des plantations de rosiers, c’est que les arbustes occupent un site très aéré et très éclairé. Ils s’étiolent facilement à l’ombre et y fleurissent mal; on a même remarqué qu’ils ne sont jamais aussi vigoureux ni leurs fleurs aussi belles dans l’intérieur ou au voisinage des grandes villes qu’en pleine campagne. L’établissement d’une roseraie sera donc subordonné à ces considérations de site, et, dans un parterre ordinaire, on devra réserver aux rosiers les endroits qui réuniront au plus haut degré ces conditions de bien être. Si les rosiers étaient en pots, ces pots devraient être parfaitement drainés et leur terre changée tous les ans contre de la terre nouvelle, d’ailleurs légèrement additionnée de crottin de cheval ou de fumier décomposé. Les arrosages ici seront naturellement plus fréquents que si les arbustes étaient en pleine terre.

Taille du rosier de nos jours :

Les goûts se partagent sur la question de savoir lequel vaut mieux que les rosiers soient sur tiges ou en buissons. Ce dernier cas se présente ordinairement lorsqu’ils sont francs de pied, l’autre étant en général la conséquence de la greffe sur églantier. On peut dire qu’entre les mains d’un habile cultivateur les deux méthodes sont également bonnes, et que toutes deux donnent, à qui sait en tirer parti, des arbustes de forme élégante. Certaines espèces cependant se présentent mieux sous forme de buisson, et ne sont guère cultivées autrement, par exemple les rosiers blancs, les rosiers Cent-feuilles, les Provins et leurs innombrables variétés, bien qu’on en voie quelquefois aussi de fort beaux sur des tiges d’un mètre ou plus; les rosiers Thé et les rosiers Noisette, au contraire, sont plus habituellement sur tiges d’églantier, au moins dans le nord de la France. Quoique, dressés en buissons, si le climat n’exige pas qu’ils soient abrités l’hiver, ils forment aussi de très beaux arbustes. Quelle que soit au surplus la forme adoptée, on devra retrancher les rejets qui naîtraient des racines, et qui dérangeraient la régularité de la plantation; ces rejets seront surtout supprimés si ce sont ceux des églantiers sur lesquels les arbustes ont été greffés, et qui, en se multipliant sans mesure, finiraient par infester toute la plantation.

A l’exception des rosiers grimpants, qui fleurissent d’autant moins qu’on leur supprime plus de branches, la plupart des rosiers sont soumis à la taille, mais à des degrés très divers. Ceux qui sont en grands buissons et déjà âgés, le rosier blanc, par exemple, qui s’élève à deux ou trois mètres, sur une tige qui est quelquefois de la grosseur du bras, peuvent fort bien n’être pas taillés du tout; on se contente d’enlever le bois mort et de supprimer, s’il en existe, les branches mal placées et nuisant à la régularité de l’arbuste. Assez souvent les rosiers sont plantés en haies, à la fois ornementales et défensives; dans ce cas on se borne à entretenir, par la taille aux ciseaux, la forme géométrique de la haie, en ayant soin de ne pas rabattre trop court les sommités. Les rosiers Cent-feuilles et les Provins sont peut-être ceux qui se prêtent le mieux à cet usage, lorsque les haies ne doivent pas dépasser un mètre en hauteur; dans les parties chaudes du midi on y emploie avec succès les rosiers Thé et Noisette, qui donnent des haies bien plus élevées, et de l’effet le plus ornemental..

Greffés en haute tige sur églantiers, les rosiers doivent toujours être taillés, ce qui se fait en février ou mars, suivant les lieux et le caractère de la saison. On rabat leurs branches à trois, quatre ou cinq yeux au-dessus de leur point d’origine, d’où résulte pour l’arbuste une forme qu’on a comparée à la tête d’un saule, et qui devient quelquefois très disgracieuse par les nodosités que ces suppressions y font naître. Beaucoup de jardiniers abusent de la taille en la faisant trop rapprochée du vieux bois, ce qui diminue notablement la floraison, surtout dans les espèces non remontantes, comme les Cent-feuilles ordinaires, les rosiers mousseux, les Pompons, les Provins, le rosier blanc, etc. Au surplus, il faut ici une certaine expérience dans ce genre de culture, car il y a des espèces ou des races de rosiers qui, pour bien fleurir, veulent être taillées court, tandis que d’autres demandent à être taillées long; quelques-unes même, ainsi que nous le dirons tout à l’heure, ne veulent pas être taillées du tout. On ne doit pas oublier, d’un autre côté, que la taille abrège toujours la durée de l’arbuste, et cela en proportion de la sévérité avec laquelle elle est appliquée; aussi se contente-t-on aujourd’hui, chez beaucoup d’habiles rosistes de l’Angleterre et du continent, de recourber ou de contourner les branches des rosiers, après en avoir seulement amputé l’extrémité. Le port de l’arbuste y perd, mais la floraison en est plus abondante.

Les rosiers Cent-feuilles, francs de pied, lorsqu’ils sont devenus vieux et languissants, peuvent être rajeunis par l’ablation totale de leurs tiges coupées au niveau du sol. Si l’on fait cette opération en hiver, on obtient au printemps suivant des pousses vigoureuses, mais qui ne fleurissent que l’année d’après. Si au contraire cette résection est faite dès que les roses sont défleuries, c’est-à-dire vers la fin de juin, les rejets qui repoussent du pied sont déjà suffisamment forts en automne pour fleurir au printemps de l’année suivante. Il y a même des jardiniers qui, tous les ans, ravalent ainsi leurs rosiers Cent-feuilles pour en vendre les fleurs, qu’ils croient obtenir par là plus grandes et plus belles. Plusieurs autres rosiers, dont la végétation est analogue à celle des Cent-feuilles, tels que les Provins, les Pompons et quelques autres, peuvent être soumis à ce genre de taille.

Les rosiers perpétuels de la race des Bengales, des Bourbons, des Noisette et des Thés, auxquels on peut ajouter le rosier multiflore, le rosier de Banks et le muscat, ne sont pas entièrement rustiques sous le climat de Paris. Si l’automne a été sec et que ces arbustes aient été bien aoûtés, ils résistent ordinairement à des froids de dix à douze degrés au-dessous de zéro, le rosier de Bourbon surtout, qui est un peu moins tendre que les autres; mais ils périssent très fréquemment dans les hivers où les froids sont plus rigoureux, principalement après un automne humide. Une des causes qui contribuent le plus à cette mortalité par le froid, c’est la mode qui a prévalu de les greffer sur églantiers et de les élever en tiges ou demi-tiges, car alors si la gelée les saisit ils périssent en entier. Il en est autrement lorsqu’ils sont sur leurs propres racines; si les tiges périssent, les souches se conservent facilement sous terre, à l’aide d’une couverture de feuilles ou de litière, et elles repoussent vigoureusement au printemps. Cette considération, qui n’est d’ailleurs pas la seule, devrait suffire pour faire adopter l’usage de cultiver ces arbustes francs de pied , plutôt que de recourir à la greffe. Cependant, lorsque les rosiers sont greffés, on pourrait encore employer un moyen très efficace, usité en Belgique et en Hollande, pour les mettre à l’abri du froid, et qui consiste à courber leurs tiges sans les rompre, pour enfouir la tête dans une fosse, où on la recouvre de 20 à 25 centimètres de terre. On les redresse au printemps, quand les gelées ne sont plus à craindre.

Les rosiers grimpants, tels que rosiers de Banks, multiflores, rosiers toujours verts, etc., ne se cultivent guère que francs de pied, et comme ils craignent le froid dans le nord, on les fait ordinairement grimper sur des treillis appliqués contre des murs, à exposition méridionale. Tous ces rosiers, pour fleurir abondamment, veulent être abandonnés à eux-mêmes; on se borne à les palisser, sans les tailler, et à les débarrasser du bois mort. Lorsque l’hiver est très rigoureux, il est prudent de les couvrir de paillassons. Dans la région du midi, où ils viennent à toutes les expositions, les rosiers de Banks peuvent s’élever à 10 ou 12 mètres, ou plus encore, sur les arbres ou les édifices qui leur servent de soutien.

Jusqu’ici nous n’avons parlé que de la culture naturelle des rosiers; mais il y en aune autre, usitée surtout dans les grandes villes, et qui a pour but de faire fleurir ces arbustes à contre-saison, et jusqu’au cœur de l’hiver; c’est ce qu’on nomme la culture forcée.

plantation rosier

Culture forcée du rosier

Pendant longtemps on n’a guère employé que la variété bifère du rosier des quatre-saisons pour obtenir des roses en hiver, et ce sont principalement les jardiniers de Paris et des environs de cette ville qui se sont livrés à cette industrie. Ils plantent, à la fin de l’hiver, leurs rosiers greffés ou non greffés dans des pots de grandeur moyenne, qu’ils enterrent jusqu’au moment de la défloraison, après quoi ils les mettent dans l’endroit le plus froid du jardin, à l’abri du soleil, et ils cessent de les arroser, ne leur donnant, si le temps devient très sec, que strictement la quantité d’eau nécessaire pour les empêcher de mourir. Ce repos forcé prédispose les arbustes à repousser dès que les conditions seront meilleures. En novembre, plus tôt ou plus tard, suivant le besoin, ces rosiers sont mis sous un châssis entouré d’un réchaud de fumier, qu’on remanie et renouvelle de temps en temps, pour entretenir dans l’intérieur du coffre la chaleur nécessaire, environ 18 degrés. De temps en temps on donne de l’air, pour empêcher l’étiolement des plantes, et on arrose fréquemment, car il est essentiel que la terre des pots soit toujours humide.
Au bout de deux mois les rosiers commencent à fleurir. En répétant de 15 jours en 15 jours l’opération, on a des roses pendant tout l’hiver. Le même résultat s’obtient au moyen d’une serre chaude; mais il faut alors avoir soin de mettre les rosiers près des vitres, de leur donner de l’air de temps en temps et, s’il fait du soleil, de les abriter par des écrans pendant les heures les plus lumineuses de la journée. La plupart des rosiers qui s’accommodent de la culture en pots peuvent être forcés par ces deux moyens. Quand on veut seulement faire fleurir en automne des rosiers de printemps qui sont en pots, on retranche tous leurs boutons de fleurs avant la floraison, on supprime pendant quelque temps les arrosages, après quoi, en juillet ou en août, on les taille et on les arrose fréquemment. La transplantation des rosiers faite au mois de mai, avec suppression des boutons de fleurs, aurait de même pour conséquence une floraison tardive, presque aussi belle que celle qu’ils auraient donnée dans leur saison normale. Ajoutons qu’avec les rosiers remontants et ceux à floraison automnale, dont les variétés sont si nombreuses aujourd’hui, ces cultures forcées sont presque superflues, dans la région méditerranéenne surtout, où les rosiers remontants et perpétuels fleurissent à peu près tout l’hiver.

Maladies des rosiers et insectes nuisibles.

A part les accidents, les dégénérescences ou l’affaiblissement de la vitalité, qui sont ordinairement la suite de quelque défectuosité du sol, du climat ou de la culture, les rosiers sont encore sujets à des maladies particulières , souvent, il est vrai, favorisées par des circonstances que l’homme pourrait maitriser. De ce nombre sont les maladies causées par les parasites végétaux de l’ordre des cryptogames, et l’épuisement amené par les morsures trop répétées des insectes.

Deux maladies principales sont à craindre pour les rosiers, mais non au même degré pour tous. L’une est la rouille (le rouge des jardiniers), l’autre est le blanc ou meunier, et elle est plus redoutable que la première.

La rouille est le produit de champignons microscopiques qui se développent sous l’épiderme et le soulèvent pour répandre au dehors leurs séminules, dont les agrégations, à la surface des feuilles, forment de petites taches jaunes ou rougeâtres. Ce mal, auquel on fait d’abord peu d’attention, finit par stériliser les rosiers, sinon par les faire périr tout à fait, et de plus il est très contagieux. On devra donc enlever de la plantation toutes les feuilles et tous les rameaux sur lesquels on découvrirait de ces taches, et il faudra les brûler, et non point les enfouir en terre, car leurs séminules s’y conserveraient jusqu’au moment où, par une cause ou par une autre, elles trouveraient l’occasion de se développer aux dépens de nouvelles victimes.

Le blanc, véritable fléau des roseraies, et qui détruit parfois des semis entiers, consiste en un réseau de filaments microscopiques blancs, étendu sur les parties jeunes des arbustes. Les feuilles qui en sont couvertes se fripent et perdent leur teinte et leur lustre naturels. La plante cesse de croitre et ne donne bientôt plus que des avortons de fleurs; enfin, après avoir langui quelque temps, elle périt épuisée par le parasite. Ce dernier, qui est très analogue à l’oïdium de la vigne, a reçu des botanistes le nom d’Erysiphe pannosa. Quoiqu’il ne respecte pas les rosiers cultivés en plein air, c’est cependant sur ceux qu’on tient enfermés dans des serres ou des orangeries mal aérées qu’il exerce le plus de ravages, aussi est-il beaucoup plus commun dans le Nord, où on force une grande quantité de rosiers, que dans le Midi. Certaines variétés y sont plus sujettes que d’autres, témoin la rose Géant des batailles, qui en est, dit-on, presque toujours infestée.

On ne connait aucun remède au blanc; le meilleur parti à prendre, lorsqu’il commence à se montrer, est de supprimer et de briller les parties malades, et, si le rosier tout entier est envahi, de l’enlever, ou tout au moins de le recéper au niveau du sol; à moins qu’il ne soit greffé sur églantier on aura chance d’obtenir par là des pousses exemptes de la maladie. Le blanc, de même que la rouille, est contagieux, et on l’a vu se propager à la suite de la greffe, lorsque les rameaux ou les écussons avaient été pris sur un rosier infecté.

Au dire de M. Regel, directeur des jardins impériaux de Saint-Pétersbourg, le soufre en poudre serait l’antidote du blanc des rosiers aussi bien que de l’oïdium de la vigne, mais il faut l’employer dès le début de la maladie. On dit aussi qu’un horticulteur de la même ville a guéri ses rosiers atteints du blanc, en les aspergeant à plusieurs reprises avec de l’eau un peu chaude qui avait séjourné quelque temps dans les tuyaux de cuivre d’un thermosipbon. L’action des sels de cuivre sur les végétations cryptogamiques est assez connue pour que le fait dont il est question n’ait rien d’invraisemblable.
Beaucoup d’insectes vivent de même aux dépens des rosiers, mais il n’y en a qu’un petit nombre dont les attaques soient à craindre. Ce sont les chenilles de papillons ou de tenthrèdes, les larves des hannetons et les pucerons. Il est facile, en passant de temps en temps en revue les rosiers, de les débarrasser des chenilles, et c’est un soin qu’il ne faut pas oublier de prendre. Il n’en est pas de même des pucerons, plus difficiles à découvrir parce qu’ils sont ordinairement à la face inférieure des feuilles, et qui sont surtout dangereux à cause de leur multitude. Tant qu’ils sont peu nombreux, on se contente de les écraser sous les doigts ou d’enlever les parties du rosier qui en sont couvertes. Un rosier nain isolé, qui serait infesté de pucerons, pourrait être recouvert d’une cloche, sous laquelle on brûlerait du tabac et qu’on y maintiendrait assez longtemps pour que les insectes fussent asphyxiés par la fumée âcre de cette denrée. C’est ainsi du reste qu’on procède dans les serres et sous les bâches où on force les rosiers, quand les pucerons s’y introduisent.

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