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Grenade et grenadier – Planter un grenadier

Planter un grenadier

Originaire de l’ancienne Carthage, d’où il fut importé en Italie par les Romains, lors des guerres puniques, le grenadier s’est répandu dans tout le midi de l’Europe, où il est aujourd’hui cultivé, soit comme arbre d’ornement, soit pour faire des haies d’une grande solidité, soit enfin comme arbre fruitier à cause de la saveur douce, légèrement acidulée, de la pulpe qui entoure chacune des semences. C’est surtout sous ce dernier point de vue que nous avons à le considérer ici.

La pulpe des fruits du grenadier est mangée fraîche, assaisonnée de sucre et d’eau de fleur d’oranger ou de vin de liqueur. On en fait aussi des gelées.

planter un grenadier

Variétés. — Les diverses variétés de grenadier cultivées appartiennent toutes à une seule espèce, le grenadier commun (punica granatum). Abandonnée à elle-même, cette espèce ne dépasse guère 3 à 4 mètres d’élévation; soumise à la culture, elle peut atteindre 8 mètres de hauteur. La variété la plus intéressante, au point de vue de la production des fruits, est le grenadier à fruits doux.

Climat et sol. — Le grenadier supporte difficilement les hivers du nord de la France. Il peut fleurir et fructifier dans le centre s’il est placé en espalier, aux expositions les plus chaudes; mais ce n’est que dans le Midi que ses fruits mûrissent complètement.

Quant au sol qui lui convient, le grenadier est peu exigeant. Il se développe convenablement dans les terrains les plus secs, mais il donne ses plus beaux produits dans les terres substantielles, de consistance moyenne. Il ne redoute que l’humidité surabondante.




Culture du grenadier

On peut employer pour le grenadier les divers modes de multiplication ordinairement usités. Les semis sont faits en pépinière sur des plates-bandes bien exposées. On doit choisir pour cela les graines des beaux fruits du grenadier commun à fruits acides. Ces sujets sont plus rustiques que ceux à fruits doux. Au bout d’un an, les jeunes plants sont repiqués sur d’autres plates-bandes. Vers la troisième année, ils sont plantés à demeure, soit pour former des haies, soit pour recevoir la greffe des autres variétés.

La greffe employée est celle en fente Atticus. Mais il est préférable d’employer la greffe en écusson à œil dormant. Pour cela on coupe la tige des sujets lorsqu’ils ont 1,5 cm de diamètre, et l’on place les écussons sur les bourgeons qui naissent vers le sommet. On peut les greffer soit dans la pépinière, soit après leur plantation à demeure. On préfère généralement ce dernier moyen.

Les diverses variétés sont aussi multipliées au moyen du marcottage. On fait usage du marcottage par drageons, par racine et en archet avec incision. Les marcottes sont sevrées au bout d’un an, repiquées dans la pépinière, et plantées à demeure l’année suivante.
Cet arbre est aussi multiplié au moyen de bouture à talon. Ces derniers procédés donnent des arbres moins vigoureux et plus sensibles à la gelée.

Le grenadier est cultivé en plein vent et en espalier; dans l’un et l’autre cas, il est en quelque sorte abandonné à lui-même. Pour les arbres en espalier, on se contente d’appliquer les branches contre le mur à mesure qu’elles se développent, de façon qu’elles en couvrent régulièrement la surface.

taille grenadier

Taille du grenadier

Nous pensons cependant que, si l’on donnait à la charpente de ces arbres une disposition régulière, celle en vase ou gobelet, ou, pour les espaliers et contre-espaliers, celle en cordon oblique simple ou en cordon vertical, et surtout si l’on favorisait le développement des rameaux à fruits au moyen d’une taille convenable, on obtiendrait des résultats analogues à ceux qui sont produits sur les autres arbres fruitiers. Ainsi les fleurs du grenadier apparaissent ordinairement à l’extrémité des bourgeons de vigueur moyenne. On devrait, tout en formant la charpente, favoriser le développement de ces bourgeons sur toute la longueur des branches principales. Couper ces rameaux vers leur base, lors de la taille d’hiver, pour obtenir à chaque point un ou deux nouveaux bourgeons fructifères de vigueur moyenne, et supprimer rigoureusement toutes les productions qui n’ont pas cette destination, à l’exception des rameaux destinés à prolonger les branches de la charpente.

Le grenadier développe un grand nombre de bourgeons sur le collet de sa racine : on doit chaque année les détruire avec soin, pour qu’ils n’affament pas la tige.

Si l’on veut que les fruits de cet arbre prennent tout leur développement, il est indispensable de le fumer chaque année et de le soumettre à l’irrigation, comme l’oranger, surtout lorsqu’il est placé dans un sol léger.




Récolte des grenades

On récolte habituellement les grenades vers le milieu de septembre, parce que plus tard elles se fendent et se déchirent sous l’influence successive des pluies et du soleil. Mais leur maturité est alors imparfaite, et elles n’ont pas acquis toutes leurs qualités. Pour obtenir un meilleur résultat, il faudra abriter les rameaux fructifères de l’ardeur du soleil, vers la mi-septembre, en les introduisant dans l’intérieur de l’arbre et en les y fixant avec des liens. On peut alors retarder la récolte jusqu’au milieu d’octobre.

Les grenades peuvent être conservées fraîches et saines jusqu’au milieu de l’hiver. Pour cela on les cueille par un beau temps. On les laisse exposées au soleil pendant deux jours, en les retournant le second jour; on les enveloppe de papier gris, puis on les place dans une jarre à huile, neuve,en séparant chaque lit par une couche de sable de rivière lavé et bien sec. Cette jarre, fermée par un couvercle, est placée dans un local analogue à la fruiterie.

culture du grenadier